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Le Culte d’Osiris et Le
Culte des Morts chez les Anciens Egyptiens
Personellement, je pense que la mythologie egyptienne dépasse largement
les mythologies grecque et romaine formées de divinités qui mangent,
boivent et se disputent banalement comme les etres humains alors que le
panthéon egyptien pour moi est beaucoup plus sophistiqué, complexe,
inattendu et differe ainsi des autres panthéons.
Avant de discuter le culte d ‘
Osiris, il faut aussi eclaircir quelques points importants:
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L’
Egypte est un pays existant uniquement autour du Nil c.a.d. les terres
ou on peut cultiver ne dépassent pas les 5 % de la superficie du
territoire. |
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Les
Égyptiens avaient une manière particulière de s’orienter, selon l’axe
Nord-Sud du Nil, qui séparait latéralement l’Egypte en deux en
constituant l’axe de circulation et de fécondité
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La Haute
Egypte est donc le Sud du Pays, |
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Quant a
la Basse Egypte, c’est le Nord ou se trouve actuellement le Caire, l’
Alexandrie et le Delta du fleuve se donnant a la Mediterranée. |
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dans
cette vision, l’Est à gauche et l’Ouest est à droite :
donc la Rive Gauche indique L’Orient d’ ou se répend la lumiere, par
conséquent les territoires des vivants, alors que la Rive Droite ou le
Soleil se couche est le pays des morts dirigé par Osiris. |
Et maintenant
parlons un peu de la création du monde d’ apres les Ennéades:
Dans la nuit des
temps, était le Chaos Liquide ( c.a.d. Nu ou bien Nun ). Puis
Atoum-Ra s’est formé des Océans: c’ était le Dieu - Soleil ; Ra
: étant le Soleil rayonnant au ciel, Atoum: étant le soleil dans
les ténebres du monde attendant sa naissance a l’ aube . Du Chaos Liquide
Atum-Ra a formé 2 etres, soit de ses larmes, soit de ses salives ou soit
de ses spermes:
Le Dieu de
l’ Air et de la Lumiere Chou : ( symbol étant le Lion ) et La
Déesse de l’ Humidité Tefnout . Ces deux derniers se sont mariés et
ont donné naissance a 2 Dieux:
Le Dieu de
la Terre Geb et la Déesse du Ciel Nout.
Si on fait
attention, on remarquera bien que tous les dieux dont j’ ai parlés jusqu’a
maintenant sont tous liés a l’ eau.
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Tout d’ abord le Chaos liquide : Nu |
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Puis Atum – Ra formé des Océans |
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La formation des enfants d’ Atum – Ra soit
par ses larmes, soit par ses salives ou ses spermes c.a.d par du liquide |
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Et enfin Tefnut est la Déesse de l’
humidité et de la pluie. |
Comme nous
voyons, l’ eau qui manque en Egypte fait sentir bien son poids dans sa
mithologie.
La plupart
des écrivains ne parlent pas de cette période de la mythologie: ce qui
cause une lacune entre les périodes de Ra et celle de Geb et Nout.
Nous
allons jeter un coup d’ oeil a l’ oeuvre “De Iside et Osiride” de
Plutarque qui sans trop rester fidele a la Légende parle d ‘ Osiris, mais
en expliquant plutot les faits de la Nature:
Osiris est le fruit
d’un « commerce secret » entre Geb le dieu de le Terre et Nout la déesse
du Ciel. Un autre amant de la déesse, le dieu Thot
( c’ est Hermes des
Grecs, Mercure des Romains, Enoch des Juives, Ýdris des Musulmans ) en
jouant aux dés avec la Lune, lui ravit la 72e partie de chacun de tous ses
jours de lumière ; il forma ainsi cinq jours qu’il ajouta aux trois cent
soixante jours de l’année égyptienne. Ce qui explique d’ ailleurs la
correction des 5 jours de différence entre l’ année solaire et l’ année
lunaire.
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Osiris
naquit le premier de
ces jours, |
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puis le deuxième jour Nout mit au monde
Horus l’Ainé, |
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puis Seth,
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le quatrieme jour lsis,
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et enfin le cinquième jour
Nephtys. |
Jaloux du succès de
son frère, Seth forma un complot contre lui: il le convia à un banquet au
cours duquel il promit d’offrir un magnifique coffre à celui dont le corps
s’y adapterait parfaitement. Et apres les essaies échoués des invités,
lorsqu’ Osiris s’ y allongea, le coffre fut refermé et jeté dans le fleuve
où le dieu mourut noyé.
A la mort d’Osiris,
Seth monte sur le trône d’ Égypte avec sa soeur-epouse Nephtys,
qui prit pitié de sa soeur lsis, désespérée par la mort d’Osiris.
Isis et sa soeur
Nephtys partirent à sa recherche
(Quete d’ Isis). Isis retrouva le coffre à
Byblos enchâssé dans le tronc d’un arbre tamaris et dissimula le cadavre
dans le Delta. Mais iI y fut découvert par Seth qui dépeça la dépouille
mortelle de son frére et en répandit les quatorze morceaux à travers
l’Egypte. lsis se remit en quête, chercha, trouva et dans chaque ville oû
lsis découvrait un morceau de cadavre, elle en fabriquait une image qu’
elle enterrait, d’où le grand nombre de cités fières de posséder un
tombeau d’ Osiris et son culte adjacent.
Mais lsis et Nephtys,
les deux soeurs affligées, d’ou les « lamentations des deux déesses »
imploraient la résurrection du dieu, touchant la pitié de Râ qui envoie au
secours d’ lsis le dieu Thot et ses sortilèges et surtout les bons offices
d’ Anubis ( le fils illégitime d’Osiris et de Nephtys:
le dieu à tete de chacal,
considéré comme l’ horizon entre les Deux Mondes, responsable de la
momification ; il ouvre aux défunts le chemin de l’autre monde et guide
les âmes dans l’Au-delà )
Lorsque le corps d’Osiris fut
reconstitué, il fut entouré de bandelettes pour le tenir ( fabriquant
ainsi la première momie ) ; un seul morceau manquant le phallus
qui avait été avalé par le poisson oxyrhynque, fut remplace par une
« imitation».
Mort sans héritier, Osiris avait doublement perdu la vie, puisqu’ il ne
pouvait pas transmettre son principe vital.
Après les rites funéraires, lsis, par la magie de son verbe, réanima son
époux, lui redonnant le souffle en battant des ailes, puis descendant sur
son corps inerte afin de le revifier, lui permettant de concevoir son
fils, Horus
dit « le Jeune » (ou «Harpocarpe »).
Revenu à la vie,
Osiris régna comme roi sur les morts de l’autre monde..
Desormais, nous pouvons commencer a
analyser le Mythe d’ Osiris :
Les Égyptiens vivaient en se reliant à l’univers à travers une géographie
sacrée intégrant l’espace et le temps dans le but de reproduire sur terre
les configurations, les pulsations du monde céleste, donnant acces aux
différents plans de l’ existence cosmique,
maintenu en équilibre parce qu’il est régi par un principe que l’on
appelle Maat : l’Ordre exact entre les choses.
Analyse du mythe d’apres Frazer :
Devant un théme aussi riche, une analyse
concrète du mythe d’Osiris le ferait décrire comme tantôt le grain qui
renaît après avoir été enterré, tantôt le Nil qui connait une nouvelle
crue après les mois de sécheresse..
Sous
cette forme, le mythe peut étre interprété comme 3 différents aspects du
dieu Osiris :
 |
Dieu de la végétation :
les épisodes du mythe sont interpretés comme autant de phases du culte
agraire :
 |
Moissonner :
c’ est couper â la
faucille l’esprit du blé caché dans une gerbe.
La moisson est une mise â mort. |
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Séparer le
grain de la paille :
c’est démembrer, couper son corps en
morceaux. Le
démembrement signifiait que seul ce qui était déposé (c.a.d
« enterré »), morcelé dans la terre pouvait reprendre vie sous une forme
nouvelle, temoignant d’une maniere evidente de « l’unité indissoluble
entre tuer et enfanter, entre mourir et vivre » le sacrifice étant
« l’acte précédant la création du monde » |
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Semer le grain :
c’est ensevelir des fragments du dieu pour fertiliser les champs. |
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Mais
le Dieu renaitra avec le blé et donc la germination
signifie la résurrection. |
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Dieu de la fertilité
comme Osiris regne sur la végétatation, il est ressenti comme un dieu de
l’énergie créatrice. |
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Dieu des morts :
Avec la mort, il est le Dieu de la fécondité et son visage est vert pour
souligner le renouveau. |
Des exégèses differentes
de Plutarque
: Plutarque y ajoute
d’autres explications complémentaires :
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exégèse cosmologique et cosmogonique :
Osiris assimilé au Nil s’unit à lsis assimilée à la Terre et la féconde. |
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exégêse politique :
regroupant d’ une part le principe dynastique et la succession
père-fils, d’autre part la nécessité de l’union de la Haute et Basse
Egypte (quoiqu’ Osiris
ne porte pas la double couronne pschent des pharaons, faite de
la coiffure du Delta (couronne rouge) surmontée de la mitre blanche de
la Haute Egypte ; la representation d’ Osiris se fait avec des couronnes
differentes : couronne atef a caractère solaire ou
couronne ourrerèt (composée de la mitre blanche de
Haute Egypte, flanquée de deux plumes d’autruche, originellement
l’attribut du dieu Andjety (Basse-Egypte) dont Osiris avait rapidement
absorbé la personnalité). |
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exégèse métaphysique :
 |
- soit la
dualité : Bon ( Osiris ) et Mauvais ( Seth ) |
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- soit la triade
regroupant Osiris-lsis-Horus :
l’ Intelligible
(Osiris), la Matière (lsis) et le produit de leur union le Cosmos
(Horus) . |
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A partir de ces deux schemas, Plutarque explique les principaux épisodes du mythe : le
démembrement d’Osiris et la recomposition de son corps, prélude à sa
résurrection.
Les fetes
Très
tot dans l’ histoire égyptienne la présence d’ Osiris avait entrainé des
cérémonies : les Mysteres egyptiens. Il y avait des fetes publiques
annuelles et des mystêres secrets :
1. *des
fetes publiques annuelles :
aux dates critiques du
mythe :
 |
-
la mort
était « jouée » au printemps, lors de la fête de la végétation, ou fete
de la gerbe |
 |
-
l’
ensevelissement était
célébré après la moisson
(le 22 Thot : juillet-août). |
 |
-
la
résurrection du dieu
Osiris qui renouvelait la vie du pharaon en passant dans une peau
d’animal. |
2.
*des mysteres secrets
constituaient le deuxieme aspect des Mystéres égyptiens :
 |
-
d’ une part pendant les fetes
publiques annuelles, des ceremonies secrètes, car «réservées aux
initiés », au cours desquelles étaient célébrés des rites qui
assuraient la résurrection ; |
 |
Le
dieu créateur qui est en général le dieu du Soleil
(analogie Atoum-Ra)
est maître de la mort. |
 |
- et d’autre part les rites où se
formulait l’ adoration quotidienne du dieu assurant la renaissance aprés
la mort, traduisant la certitude d’ une survivance éternelle. |
 |
Il s’ agissait d’un drame en
vingt-quatre scenes se succédant chaque heure de la nuit et du jour
pour aboutir par etapes à la rêsurrection du dieu. Les grands moments
de ces rites étaient : |
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1.
les lamentations d’ lsis et Nephtys, |
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2. le mystére de la reconstitution du corps
d’Osiris, |
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3. le mystere du corps « revivifié »
(ouverture de la bouche
etc...), |
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4. le mystère de la renaissance végétale,
pendant lequel la résurrection d’ Osiris est comparée à la renaissance
annuelle de la végétation. |
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5. le mystère de la renaissance animale
pendant lequel la peau des victimes offertes en sacrifice va servir de
linceul pour envelopper Osiris : c’est un berceau de peau ou le dieu renaitra comme un
enfant ou un animal ; la peau est en general celle d’une vache évoquant
ainsi Nout, déesse-vache du ciel, mère d’ Osiris. |
Ce mystère, est l’ un des
« secrets » les plus mystérieux des rites égyptiens au profit d’ Osiris,
qui a pris l’ attitude de l’ embryon humain dans le sein maternel. Par
conséquent le mort, pour qui se fait le rite, renaîtra lui-meme
automatiquement.
Au terme du rite le corps et l’ âme
jouissent désormais de tous les privilèges des dieux : ils ont acquis le
pouvoir miraculeux des êtres divinisés par les rites
Parlons un peu de la place du Mythe d ‘
Osiris dans la pensée religieuse qui va nous mener aux rites osiriens :
Type meme du mythe du dieu «
mort et ressuscité », par la grâce des entités divines qui doivent les
conduire a l’ immortalité.
La destination
de ces rites «osiriens » a varié au cours de l’ histoire égyptienne :
d’abord réservée au roi-pharaon vivant ( fete Sed ) puis au roi-pharaon
mort ( rites
funebres ) et dès
la 18e dynastie, installée a Thebes, (vers 1555 av. J.-C), le monde
souterrain est démocratiquement ouvert à tous ceux qui pouvaient posseder
un tombeau et voire meme ultérieurement à tous ceux qui
pouvaient
se faire momifier.
La
conception égyptienne de la mort et de la renaissance
|
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La
Création représente,
non pas un combat
entre Chaos et Ordre mais la transformation
permanente de Un en Plusieurs. Osiris, le cosmos et les hommes sont nés
des larmes (ou du sperme) du dieu créateur. Les initiés savaient que Ra
appelait vers lui les âmes privilégiées. Le nouveau-né avait reçu dans
son corps le rayon du soleil du sud. Après la mort ce rayon devait
retourner vers l’éternelle divinité, vers la source de la lumière...
|
 |
La
mort est décidée dans chaque cas particulier, par la divinité ; elle est
reconnue comme un élément de l’ordre du monde créé, (c’est-à-dire
qu’elle ne peut épargner que ce qui était antérieur à la création).
Ainsi la mort est intégrée a une vision cosmogonique et devient agent de
I’ épanouissement du cosmos. |
 |
Le
caractère imprévisible de la mort et la crainte de ce moment entraînent
l’égyptien à s’y préparer et tous les efforts vont tendre à un seul but
apparemment ambigu : le cadavre sera vivant. |
Cette préparation a
lieu :
 |
pendant
la vie : préparation du tombeau, de la « maison d’éternité» ;
préparation du mobilier funéraire, qui doit être impeccable car c’est un
élément indispensable à la continuation de la vie ; préparation du
recueil des formules magiques (Le Livre des Morts) qui est
commandé aux scribes et dont le contenu va varier selon les époques, (ou
les possibilités financières) |
 |
à
la mort : c’est assurer l’ intégrité du corps par la momification,
avec la notion que toutes les parties du corps en soient rassemblées
(l’adjonction de bandelettes complète la momification pour maintenir
l’ensemble du corps rigide et s’opposer à l’éventuelle perte de la tête)
et le traitement spécialisé des viscères conservés dans les vases
appelés canopes. |
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enfin
après la mort, c’est le culte d’offrandes et le culte d’entretien. |
Ainsi
le tombeau devient un trait d’ union entre ciel et monde inferieur :
car
 |
·le
mort est à la fois enfermé dans le sarcophage (c’est la momie),
|
 |
·présent
à côté du sarcophage (grâce au ka, la force de l’ univers qui anime la
statue funéraire) (habituellement mal traduit par « double », plus
heureusement par «force vitale»), ka est le divin rayonnant dans
l’enveloppe de tout ce qui a été créé; ce qui éclaire l’expression :
pour mourir on dit « passer à son ka », c.à.d à son enveloppe
spirituelle qui va se meler à l’énergie cosmique, c.à.d « retourner
au ka du monde »,
et |
 |
·capable
de se déplacer librement dans l’espace infini (grace à son ba, ou
« àme »
représentée par un oiseau à tête d’ homme). |
Le ba a une
fonction capitale, liant les deux faces de l’ être, le réel et l’
imaginaire.
Principe actif du monde imaginaI, le ba établit le
lien paradoxal, il relie visible et invisible, observable et non
observable, passê et avenir, nuit et jour, dieux et hommes, Au -dela
et ici-bas, assurant ainsi à la personne sa continuité:
donc c’est grâce au ba que l’ « ici » du tombeau est
en meme temps l’ « ailleurs » du ciel.
Ainsi le ba circule entre le ciel
et le monde inferieur :
 |
le
ciel où règne le Soleil pendant sa course diurne, d’ est en ouest, ciel
dans lequel le ba va monter. |
 |
le
monde inférieur, « empire des morts »,
la
Douat,
situé à l’ ouest : dans lequel le ba va descendre avec Osiris-Râ le
soleil nocturne. Sur leur barque, dans une course nocturne de 12 heures
( passage des 12 portes gardées par la puissance des ténèbres, le
serpent du non-étre, l’ abyssal Apophis,
préfiguration du Satan chrétien, l’ empire des morts d’ ouest en est, en
barque ou Osiris mort, et avec lui tout mort, est métamorphosé, c.a.d
non pas uniquement ressucité !. |
Grâce aux « recettes » contenues dans le rituel funéraire « magique », la
métamorphose du défunt est réalisée en 4 phases :
1. pour
parvenir à la tombe et au monde inférieur, le mort doit vaincre de
nombreux dangers, en particulier il doit échapper à Apophis, par les
formules magiques necessaires.
2. dans
la nuit de la tombe, a lieu la renaissance du mort qui ressuscite le jour
suivant en jeune soleil du matin : en particulier notons l’ouverture de
la bouche qui lui rend la parole
(chapitres 21 a 23), la récupération du coeur (chapitres 26 à 30),
l’identité à un dieu (chapitres 5I à 53) qui lui donne la
puissance sur les éléments : l’air (chapitres 54 à 56), l’eau
(chapitres 56 à 62), le feu (chapitre 63)
dont j’ ai fait une éxposé débutante début cette année concernant le feu.
3. Alors
il peut monter dans la barque solaire:
mort sur la terre (où il est momifié) il a ressuscité
dans I ‘Au-delà matériel (phase 2), et après avoir acquis les douze
métamorphoses de son âme par son voyage céleste il obtient sa
transfiguration : en particulier le magnifique chapitre 64 où,
ayant dépassé les limites du temps, il est â la fois
Osiris et Ra : libéré du cycle du temps comme Ra il se présente tel que
l’Hier, l’Aujourd’hui et le Demain.
4. Et
il rentre le soir dans le monde inférieur pour se présenter la nuit, dejà
transfiguré, devant le tribunal d’Osiris.
C’est avec l’aide de Thot le dieu de la
Lune et seigneur de la science (chapitres 93 à 97) qu‘il prend la barque
nocturne pour arriver au tribunal de l’Au-dela d’Osiris où il est jugé
(chapitre 124): c’est la pesée du coeur en balance avec la plume de Maat
(chapitre 125) et Thot enregistre la double conféssion négative du défunt
qui échappe ainsi a la bete dévoreuse (monstre hybride avec une tete de
crocodile, un arriere train d’hippopotame et une criniere de lion qu’ on
appelle Ham Ham a l’ aide duquel jadis nous faisions effrayer les petits
). Il peut alors confier son ame a
l’éternité.
Après
sa justification, sous le signe de « Maat »,
recréé par les rayons du soleil,
(tel le scarabée (khépri)
poussant devant lui la
boule du soleil) il peut
désormais se lever. Il ressuscite pour devenir une nouvelle étoile aux
cotés du soleil.
Par l’ itinéraire de l’ âme,
le mort a remonté le temps et l’espace jusqu’à s’identifier à la cause
originelle. En fait la charge symbolique en est beaucoup plus forte qu’ il
n’y parait a premiere vue :
car «le ciel n’ était
pas un « lieu » ou un « espace », le ciel était pour les Egyptiens
une déesse toute de bonté, la céleste Nout... Nout, étend sa voute
céleste, avec son vêtement d’étoiles, au-dessus de la terre du coucher au
lever du soleil. Soir après soir, elle reçoit le soleil dans sa bouche
pour le faire renaitre chaque matin, tout neuf... Mais le dieu de la
terre, Geb, s’ allonge vers elle, poussé par le désir masculin, et il
semble que ce soit ce désir d’ une fusion définitive entre le ciel et la
terre.. qui s’ exprime, aux yeux des anciens Egyptiens, dans la poussée de
toutes les plantes, vers le ciel contre la force de la pesanteur. Il
s’agit d’ une renaissance dans le sein du ciel, d’une fusion et d’ un
nouveau devenir... C’est pourquoi la face intérieure du couvercle des
sarcophages représente Nout, les bras étendus, prête a recueillir le
défunt, celui qui est passé de l’ autre côté, dans son corps qui comme le
soleil, transforme toutes choses et les fait renaitre.
Considérant
Osiris comme un guide, la mort peut être magnifique dans les bras de Nout
qui, d’un baiser de sa bouche, prend la vie et par son être céleste la
fait renaître en un être semblable a elle, supra-terrestre, inaltérable.
Le mythe met ainsi en parallele
l’ acte de la prise de conscience avec l’espérance et l’expérience d’un
autre monde, le monde véritable et éternel. Il est tout à la fois
description des étapes de l’accession humaine à la conscience et une
confirmation et évocation de l’espérance d’ immortalité qui est en l’
homme
Enfin le mythe montre à l’âme humaine que
la solution pour passer de la mort a la vie ne se base pas seulement dans
un effort personnel car le noyau du message du mythe est « le thème
humain de l’ amour éternel contre la mort... l’amour représente la
force en la résurrection de tout homme en Osiris avec la puissance
angélique de l’amour.
Les textes
funeraires et
interprétation du devenir osirien
 |
Que signifie la
mort ? |
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Que se passe-t-il
a l’instant de la mort ? |
 |
Comment concevoir
l’ Au-delà ? |
 |
ou que signifie
l’ identification au dieu Osiris ? |
Les réponses
égyptiennes sont différentes selon l’ interpretation que l’ on donne aux
seuls textes égyptiens que nous possédons (le Livre des Morts) :
Commençons avec le
terme
 |
«
sortir du
jour » évoque la fin de la vie terrestre,
car « jour », signifie
aussi « durée de la vie », ce qui ne signifie pas perdre pour
toujours l’existence, car la vie existe aussi au—delâ de la tombe. Cela
signifie seulement être
libéré de la durée
limitée de la vie terrestre, n’
avoir plus ni commencement ni fin, entrer dans une existence sans limites
temporelles ni spatiales. Ce n’ est ni une nouvelle naissance, ni une
réapparition, ni une resurrection, mais c’ est
« devenir un etre delivré des limites du temps et de l’ espace ».
|
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«
sortir au jour
» pour
le mort le but est le jour, car la nuit lui est hostile. D’où la séquence
nocturne et diurne développée tel que :
 |
le
jour, le ba suit le soleil dans sa course diurne d’est en ouest, en
pouvant prendre toutes les formes qu’il souhaitait pour vivre dans la
lumière et près du soleil : il s’agissait d’une
nouvelle naissance et résurrection quotidienne du mort |
 |
la
nuit, le ba sur la barque traverse le monde inférieur d’
ouest en
est. |
|
II est intéressant de
noter ce trajet sur une barque, car les hiérogliphes
mnj traduits
par « débarquer » quand ils sont écrits avec le déterminatif d’un
homme couché dans le sol ou d’
une momie signifient « mourir »
confirmant bien que la mort est « un débarquement » sur la
rive de l’immortalité»
Cette première
interprétation induit notre lecture du mythe comme un guide dans le voyage
dans l’Au-delà de demain.
Au terme de la
traversée du monde inférieur le défunt-N, devenu Osiris-N ayant recréé par
les rayons du soleil, renait pour devenir une nouvelle étoile aux cotés du
soleil.
Cette deuxieme
interprétation complete notre lecture du mythe en confirmant la notion de
l’ immortalité dans le voyage dans l’Àu-dela de demain.
Enfin
de très nombreux indices picturaux et hiéroglyphiques et en particulier
une expression très souvent répétée : le danger d’ une deuxième mort,
permettent de suggerer que l’identification au dieu prend une autre
valeur : celle de vie éternelle.
Il
s’agit alors de la « sortie de l’ ame a la lumière » (et non pas de
faire entrer la lumiere en soi) qui devient en langage moderne : « il
appartient à chaque homme de faire mourir son être charnel pour faire
revivre le dieu qu’ il porte en lui et qu’ il a précisèment tué, aveuglé
par ses sens ou tyrannisé par ses passions ou ses prejugés »
Mais
il est clair dans les textes funéraires que pour ressusciter et accéder a
la vie éternelle il faut en fait « éviter la deuxieme mort».
Cette
deuxiême mort ne concerne plus le corps dont il est admis qu’ il meurt
(d’où la momification), donc elle ne peut concerner que l’ ame.
La
signification de cette « mort de l’âme » (qui s’exprime en hieroglyphe par
«s’arrêter au cours du voyage ») va être différente selon le moment où l’
on considère qu’elle peut survenir :
Si elle ne pouvait
survenir qu’ après la mort charnelle, la mort de l’ ame serait décidée au
tribunal osirien de l’Au–dela ;
mais dans Le Livre des Morts la pesée du coeur n’envisage que la
« justification » du défunt : malgré la présence des serpents et de la
bête dèvoreuse (monstre hybride a tète de crocodile, arriere-train d’
hippopotame, et criniere de lion), la balance semble toujours en faveur du
défunt, jamais ne parait envisagé qu’il soit condamné, car il ne s’agit
pas en fait d’ une condamnation (meritée par une culpabilité) mais d’ une
justification montrant que de son vivant l’ impétrant a atteint l’
harmonie, c.a.d que le Mal a été reconnu,
combattu et non pas tué mais asservi.
Si la deuxième mort
ne survient pas après la mort charnelle, c’est donc que la deuxième mort
peut survenir avant la mort charnelle, cela signifie qu’ il est possible
de considérer une lecture du mythe pour tout étre humain de son vivant.
La
« Demeure cachée » serait bien l’ Au-delâ d’aujourd’ hui, la zone trouble
et sombre de notre inconscient et le message osirien , tel que nous le
transmet Le Livre des Morts, le témoin d’
une démarche initatique
très proche de l’ Ecossime, eviter la mort spirituelle avant la mort
charnelle.
Notre
lecture du mythe s’ est donc encrichie de la notion du voyage dans l’
Au-delâ d’aujourd’ hui.
Conclusion
Elle est contenue
dans les premiers mots du premier chapitre du Livre des Morts :
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Ici commencent les chapitres
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Qui relatent la Sortie de l’àme
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Vers la pleine lumiere du jour,
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Sa resurrection dans l’ Esprit,
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Son entrée et ses
voyages
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Dans les Régions de l’ Au-delà
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Témoin de la
fragilité de l’
éxistence humaine, Osiris nous rappelle que, malgré son
faible poids, l’ homme a sa place dans
l’univers s’ il est a la
recherche de la Sagesse et du Bien mais que ses actes y sont pesés et
comptés et determinent son veritable destin dans l’ Au- dela.
Avec l’amour d’ lsis,
Osiris a vaincu la mort. Devenu dieu de l’ Au-delà et garant de la survie
humaine et de l’immortalité, Osiris nous enseigne aussi que le passage
dans l’ Au-delâ du «monde inférieur » où règnent les tenêbres, est
obligatoire pour la purification de notre inconscient, la demeure cachée,
pour atteindre l’ Au-delâ d’un «monde supérieur» où resplendit la lumière.
Ahmet Girgin
22 Novembre 2002
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