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C' est une continuité de récits composée de
3 ecrits : l' eau, le feu et la terre et pour que cela ne soit pas trop
long j' ai preféré les publier en trois pages et voici
la seconde qui s'
appelle le feu :
FEU :
Cet élément qui semble habité d’une vie
autonome, réchauffe et éclaire, mais il peut aussi dévorer dans
l’incendie et tout brûler sur son passage, ce qui le lie étroitement à la
souffrance et à la mort. Il possède donc une double signification, d’où
découle l’ ambivalence dont il a toujours été marqué dans l’ imagination
humaine.
Du côté positif, il est avant tout le symbole sacré du foyer domestique
(ainsi, dans la Rome antique, le culte du feu était-il entretenu par de
jeunes vierges, les vestales et la Déesse du Foyer était Vesta, sa
corréspondante en mythologie grecque étant Hestia ), celui de
l’inspiration et l’ Esprit-Saint qui s’est manifesté aux apôtres à la
première fête de la Pentecôte sous la forme de langues de feu ; de même,
dans le Mexique ancien, allumer le nouveau feu, au début de la nouvelle
année, était un acte sacré.
Du côté négatif, le feu est associé aux images des flammes de l’ enfer, de
l’incendie ravageur, des destructions entraînées par le « feu du ciel » ,
c’est-à-dire par l’éclair, et par le feu du volcan issu de l’intérieur de
la terre. Donc nous voyons bien l’ arrivée, ou meme l’ invasion du feu
destructif , soit d’ en haut c.a.d. du ciel des Dieux, soit d’ en bas
c.a.d. des Tenebres de la Terre.
Donc, déja sans heurter contre l’ eau qui est l’ élément neutralisant,
voire
déstructeur du feu, le feu peut etre désormais contradictoire c.a.d. utile
ou au contraire nuisible.
Le feu est de façon générale un élément masculin (par opposition à l’eau
qui est féminine), associé à l’énergie vitale, au coeur, à la procréation,
à l’illumination spirituelle et au soleil (voir Phénix) : ainsi étant
positif il peut nous illuminer sprituellement.
Alors que négativement parlant dans les villes antiques, dès que quelqu’un
prononçait le mot ignis (feu), on versait de l’eau pour conjurer
la menace de façon à la fois magique et symbolique.
Qui peut nier l’ effet a la rigueur positif
du feu destructeur et mener ainsi les gens a essayer de reconstruire ce
qui a été détruit ?
Il est important de noter à ce propos que c’est la domestication du feu
aux origines de l’ histoire de l’humanité, il y a des millions d’années,
qui a marqué le début de la civilisation, et que contrairement à ce qu’
affirment certaines doctrines peu scientifiques, il n’existe aucune tribu
primitive qui ne connaisse pas le feu.
Dans Les Structures anthropologiques de
l
‘imaginaire,
Gilbert
Durand a distingué les techniques de production humaine du feu:
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soit il naît de la percussion de deux pierres (mouvement
vertical), auquel cas il renvoie à la notion d’illumination ;
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soit il jaillit du frottement de morceaux de bois (et
souvent, par enfoncement circulaire de l’ un dans l’autre), affirmant
alors sa nature sexuelle et fécondatrice (le feu était supposé pouvoir
fertiliser filles, d’où sa fonction de phallus)
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En générale, la relation sexuelle causera
la fécondation de la femme qui aboutira a la formation du foetus ; ces
deux modes peuvent d’ailleurs se rejoindre et même fusionner dans les
techniques sexuelles comme celles du tantrisme de la main gauche ou de
l’alchimie taoïste qui mènent à la libération suprême par la voie
de l’énergie que l’extase sexuelle rend à son essence.
La
psychologie symbolique souligne la relation étroite qui existe entre le
feu et le fourneau (le centre de la maison et de la famille), la
préparation des repas et la fonte des métaux; le feu apparaît également
dans l’image poétique de « la flamme de l’amour ». « Lorsqu’un individu
s’approche en rêve d’un grand feu, regarde une flamme s’ élever vers le
ciel, il se trouve à proximité des forces divines » ; cependant, « on peut
aussi se bruler en jouant avec le feu de la passion et celui de l’amour
des idées » (Aeppli).
Et
ceci n’ est - il pas une autre façon de se renouveler pour l’ ame de l’
etre humain par le feu de la passion ?
Le feu est le seul élément que l’homme puisse « produire », et c’est
pourquoi, il est pour lui la marque de sa ressemblance avec la divinité.
Divers mythes de la Grèce antique racontent que le feu était à
l’origine, la propriété des dieux, que l’homme est venu leur dérober.
Le feu peut aussi avoir une action
purificatrice en détruisant le mal, en faisant disparaître le corps des
sorcières et autres étres démoniaques, et en effaçant la trace des péchés
dans le purgatoire des chrétiens. Cette flamme purificatrice est sacrée en
particulier dans la religion parsie (doctrine religieuse de Zoroastre) et
la croyance dans l’action du feu pour détruire les mauvais sorts est ici
particulièrement nette. La coutume que l’ on retrouve sur plusieurs
continents et qui consiste à marcher pieds nus, sans se blesser, sur des
charbons ardents , était sans doute à l’origine un rituel de
purification à l’aube de la nouvelle année, et il était accompli encore
récemment au Tibet (le quinzième jour du premier mois). Ainsi les Tibétens
n’ essayent-ils pas de se purifier et de se renouveler par le feu ?
Certaines formules incantatoires anciennes
s’ adressaient au feu comme à un ètre surnaturel. On accomplissait
autrefois des rondes de flambeaux autour des malades mentaux et des
pêcheurs. D’après la mythologie grecque, la déesse Déméter aurait placé le
héros Démophon dans les flammes d’un four pour le laver des impuretés
terrestres et le rendre immortel.
De façon générale, les dieux du feu ou les
êtres surnaturels associés à cet élément sont, en raison de la nature
ambigue de la flamme, des figures « fourbes » auxquelles l’ homme ne peut
jamais vraiment faire confiance.
L’ alchimie correspondait a la
transformation du plomb qui est un élément facile a obtenir de la nature,
en or qui est un élement embleme de la richesse de l’ Antiquité, meme de
nos jours. Les alchimistes utilisait les feux ardents pour essayer donc de
transformer le plomb en or...
Ýci rappelons-nous brievement la fameuse
grotte de Platon :
Ýmaginez une grotte a l’ intérieur de laquelle se trouvent des esclaves
enchainés qui ne peuvent voir que les ombres formées par la lumiere
pénétrant par une seule issue derriere eux : ces gens ne connaisent que
les flammes ou ombres fourbes formés par le plus grand feu de leur
univers : le soleil. Ces esclaves pensent obligatorement que ces ombres
dansants sont le monde, la vie, la vérité...
Et
imaginez qu’ un jour un de ces esclaves casse ses chaines, se libere et
sorte de cette caverne : qu’est-ce qu’ il va voir ?
le soleil aveuglant ses yeux par ses
vrais rayons flamboyants et il se rendra compte que les ombres qu’ ils
s’ apercevaient a l’ intérieur de la grotte n’ étaient que des reflets de
la Vérité c.a.d. la simple réalité et que nous tous, en tant que maçons,
nous essayons d’ atteindre tant bien que mal.
Pendant sa conférence du 13 mai 2001 notre
cher frere Bernard Moreau avait dit :
« Peut-etre y-a-t-il plusieurs vérités, ces
vérités sont peut-etre interactives, hierarchisées comme l’ est Univers. »
et lors d’ une de mes conférences
quelqu'
un
m'
avait demandé :
« S’ il existait un miroir dans la grotte
et que les esclaves voyait les reflets des flammes reflechies par ce
miroir, qu’ est-ce qu’ on pouvait en conclure pour les relations réalités
/ vérité ?
Si voulez bien gardons le mot Vérité (
Hakikat ) pour la Vérité immuable que nous ne pouvons pas atteindre et
la ou les réalités ( Gerçek(ler) ) celles que nous pouvons
atteindre au fur et a mesure de nos connaissances :
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Les reflets sur les murs pouvaient etre appelés : Réalité
no : 1 |
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Les reflets du miroir : Réalité no : 2
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et s’ il existait d’ autres miroirs , leurs reflets s’
appéleraient Réalités no :2,3,..etc.. |
La « flamme vivante» est cependant le plus
souvent perçue de façon positive, surtout après que les conquêtes de la
civilisation aient permis de la maîtriser quelque peu, comme en
témoignent les coutumes antiques des marches aux flambeaux; on peut citer
aussi l’ usage qui persiste encore de nos jours de disposer sur la table
des bougies en guise de décoration. Les bougies de l’ autel, celles du
baptême, des communions, etc., jouent également un grand rôle symbolique
au sein de l’Eglise comme porteuses de la lumière divine.
Au milieu de nos loges, nous voyons bien
les memes bougies dont les flammes répandent de la lumiere fraternelle et
sprituelle aux quatres coins de la Terre....
En Extrême-Orient, mais plus encore dans l’
Inde védique, le feu était considéré comme un symbole central : il
renvoyait aussi bien à Agni, le dieu du Feu lui-même, qu’ à lndra, dieu de
la Foudre (vajra) et des Éclairs, et à Surya, le Soleil. Il est le
grand élément purificateur et c’est sur lui que s’appuient les rituels de
sacrifices. Assimilé à la force de l’esprit et à la lumière, il en
devient tout naturellement le signifiant majeur de l’illumination que
cherche le mystique ou l’adepte du yoga. Dans ce dernier, d’ailleurs, le
serpent de la kundalini est assimilé au feu intérieur qui monte à travers
le corps, notion que l’on retrouve à l’identique dans le tantrisme
tibétain et, d’une façon générale, dans le bouddhisme qui insiste
particulièrement sur cette action spirituelle du feu.
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